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Without

Angelo est impulsif. Il écoute de la musique en jouant du bout de ses doigts sur le haut de son oreille droite. Des fois, il dépose une pièce de viande dans une assiette, sur le rebord d’un meuble, pour voir, jours après jours, la façon dont la chaire va pourrir. Il ne mange pas grand-chose, et peut courir longtemps sans ressentir de fatigue. Il à réussit à coucher avec une de ses infirmières et depuis, même lorsqu’il n’a pas le droit de quitter sa chambre, elle le laisse filer pour fumer une clope sur le toit. Uniquement quant il n’est pas dans une phase suicidaire. Sinon ça serait trop facile. Quand quelqu’un lui hurle dessus, ça peut être le déclencheur d’une multitude de choses. Crise de rire. Ou crise de nerf. De temps en temps, lorsque les hallucinations sont trop fortes, il double les doses. Le jour ou des asticots sont devenus légions sous sa peau, il a tranché jusqu’à les arracher à l’aide de ses dents de son pauvre corps.

 

Lorsqu’il était enfant, Angelo se cachait sous son bureau avec sa sœur. Ils s’imaginaient que si ils ne bougeaient et ne parlaient pas, peut être pourraient ils surprendre un fantôme s’introduisant par la fenêtre. Ils n’avaient d’ailleurs aucun besoin de se parler pour comprendre ce que l’un et l’autre avait dans la tête. Un jour, Angelo inscrivit sur le bras de sa sœur, en lettre de sang, les six lettres de son prénom. Pour qu’elle se souvienne toujours de lui. Puis elle reproduisit son geste.

Angelo n’est pas méchant. A part envers lui même. On ne compte plus les plaies, les scarifications, les cicatrices encore boursoufflées et les brûlures de cigarettes. Les piercings ? Ils ne sont là que pour la sensation de l’aiguille. Comme les quelques tatouages. La douleur est source d’un soulagement qu’il ne peut expliquer. Sa façon à lui de purger son corps.

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And Now

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